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MOTOBECANE 125 LT3

 

Après la restauration de la Gauthier 125 GA, , il n'était pas évident de trouver un nouveau challenge réellement intéressant. J'ai donc tout naturellement eue l'idée de faire mieux que l'original. J'ai choisi la 125 Motobécane, une machine que je connais bien, qui est bourrée de qualités, mais aussi de défauts faciles à corriger.

Des petits défauts, ces Motobécane n'en manquaient pas, qu'ils soient techniques ou de choix marketing. La machine avait le potentiel pour rivaliser avec les meilleures productions japonaises, mais l'usine n'a jamais été capable de doter la machine d'équipements modernes et fiables.

Ca tombe bien,je trouve à une cinquantaine de km de chez moi une 125 LT2 dans un état d'oxydation avancé, mais le moteur a été refait (y compris joints et roulements centraux, et des segments neufs refabriqués sur mesure). Il y a avec la machine une fourche et roue avant de LT3, ainsi que le réservoir à essence.

Comment en faire une bête compétitive :

LE TABLEAU DE BORD

L'ensemble compteur/compte-tours Huret qui monté sur les premières 125 L fait franchement Mobylette.

La 125 LT va voir l'arrivée de nouveaux intruments.... pour le moins étranges avec leurs zones rouges, jaunes, vertes. Pour le reste, rien n'a changé.

Avec la 125 LT3, les instruments seront un peu plus jolis.

Bref, c'est enfin d'un niveau acceptable, bien que très en retrait des productions Yamaha et suzuki

Pour ma restauration, j'opte pour un ensemble tableau de bord LT3, et bien sûr je ferai l'effort de raccorder des voyants ... A LED haute luminosité pour ne pas consommer trop de courant.

LE CIRCUIT ELECTRIQUE

C'est sûrement le plus gros défaut de la machine. Un circuit électrique incroyable sur la 125 L à LT2 :

En pratique, le volant magnétique était insuffisant pour les différents accessoires, la batterie se vidait très vite, et plus rien ne fonctionnait. En plus de ça, les commodos rendaient l'âme rapidement et provoquaient des court-circuit. Bref, tout est à jeter dans ce circuit électrique.

Pour ma restauration :

Ainsi, j'aurai un circuit électrique fiable et des commodos dignes de ce nom. Cela m'obligera à un sacrifice : Le guidon typique de ces 125 LT devra être remplacé par un modèle ordinaire, car les branches sont trop courtes pour accueillir ces accessoires sérieux.

LE RESERVOIR A ESSENCE

Le réservoir à essence équipé de flancs chromés et de grippe-genoux fait vraiment ringard dans les année 70. Motobécane ne corrigera le tir qu'en 1976 avec la LT3, qui arbore enfin un réservoir à essence moderne.

Il y a un réservoir de LT3 sur la machine que j'ai achetée. Il y aura du travail pour lui donner une aspect présentable, car il a manifestement servi d'enclûme pour des petits travaux pendant plusieurs années. Plus d'une dizaine de bosses de toute tailles, sans compter les rayures profondes dans la peinture. Il va y avoir du boulot.

LES CLIGNOTANTS

Ce n'est pas le pire de ces machines, mais ce sont des modèles très ordinaires, identiques à ceux des mobylettes.

Pour ma restauration, je les remplacerai par des clignos de 125 Suzuki, beaucoup plus jolis.

LE FREIN AVANT ET LA FOURCHE

Il sera à tambour simple came, 135mm pour les L, 160 mm pour les LT, LT1 et LT2. La fourche sera une Cériani de cyclo sur les 125 L, puis une Télesco beaucoup trop souple sur les LT, LT1 et LT2. Le frein avant à tambour n'était pas mauvais dans l'absolu, bien meilleur que ceux qui équipaient certaines japonaises, mais la mode était aux freins à disque sur les machines sportives.

C'est seulement avec la LT3, en 1976, qu'on verra apparaître un magnifique frein à disque Grimeca et une excellente fourche Ceriani. Un équipement de top niveau qui arrivera malheureusement après la concurence.

Pour ma restauration, je monterai un ensemble fourche et frein avant de LT3. Le garde-boue de LT2 sera légèrement raccourci et monté sur les support de LT3, nettement plus sayants que les tringles d'origine.

LE GRAISSAGE

Jusqu'à la LT1, le graissage du moteur sera assuré par du mélange 2 temps, comme sur les solex et autres mobylettes. Evidemment, ça ne faisait pas très moto, et ça ne plaisait pas du tout aux jeunes. Les LT2 et LT3 vont enfin avoir un graissage séparé.

Ma machine étant équipées du graissage séparé, tout va bien dans ce domaine.

LE SELECTEUR DE VITESSES A DROITE !!!!!

L'erreur dans les années 70. Le standard avec le sélecteur à gauche s'est imposé  depuis la fin des années 60. Même les plus réfractaires des marques anglaises et italiennes ont fini par s'y mettre.... mais pas Motobécane. C'est seulement vers la fin de la production, dans les années 80, que seront vendues quelques LT3 avec sélecteur à gauche, beaucoup trop tard. En même temps, ces machines hériteront d'un kick repliable beaucoup plus à la mode que celui des autres modèles. En revanche, les repose-pied pilote repliables ne verront jamais le jour sur ces LT. Encore un défaut inacceptable pour les jeunes de l'époque

Il est relativement facile aujourd'hui de modifier cela. Il suffit d'allonger l'arbre de sélecteur avec un morceau d'axe cannelé soudé à l'arc, de percer le carter gauche, d'y souder quelques morceaux de tube l'alu qui feront office de guidage et supporteront un joint à lèvre. Malgré tout, la réalisation est assez délicate, et le sélecteur à droite n'est plus vraiment très important sur une machine qui a vocation de collection. Je laisserai donc le sélecteur à droite.

LA BEQUILLE LATERALE

Pas de béquille latérale sur les 125 Motobécane. Cet accessoire finira par être proposé en accessoire.

Pour ma restauration, j'ajouterai une béquille latérale.

LE RESULTAT ATTENDU

Avec toutes ces modifications, la machine sera d'une qualité homogène, et sera débarrassée de ces accessoires les plus ringards. Il ne restera plus qu'à profiter de son moteur exceptionnel, de son cadre excellent, et à profiter enfin du plaisir des ballades dominicales sans problème.

Il restera quelques défauts comme ces carbus Gurtner à cuve centrale qui sont d'un autre âge, mais ils participent tellement à l'estétique de la machine que je décidais de les laisser. D'autant plus qu'ils ne fonctionnent pas si mal que ça. Le sélecteur à droite, bien sûr également, l'éclairage insuffisant.

Quand on voit le peu de modifications qu'il était nécessaire de réaliser pour rendre la moto vraiment attractive, on se demande pourquoi le fabriquant Français n'a pas été capable de proposer une moto vraiment à la hauteur de la concurence.